Le journal s’ouvre sur le tapis rouge de la 76ème édition du festival de Cannes, où l’on y croise des plateformes de streaming qui entretiennent toujours une relation passionnelle avec la croisette. Pour Thierry Frémaux, délégué général du festival, la règle est simple : un film ne peut concourir que s’il sort en salle, ce qui condamne le géant Netflix, qui n’envisage toujours pas d’investir le grand écran.
Mais pour Apple, la stratégie du "100% streaming" est abandonnée. Ce géant du numérique présentera en grande pompe, ce samedi, le prochain film de Martin Scorsese, Killers of the Flower Moon. La firme californienne s’est résolue à sortir ses productions en salles, avant d’abreuver les abonnées d’APPLE TV. Il en sera de même pour le prochain Napoléon de Ridley Scott.
Mais il serait illusoire de penser que ce revirement pour les salles obscures s’opère afin de sauver les pauvres exploitants de cinéma, victimes des années COVID. Si les GAFAM sortent en salle, c’est parce que le marché reprend ! En témoigne les chiffres de fréquentation, qui, aux États-Unis, commencent à s’approcher de l’ère pré-Covid.
Et pour les plateformes, c’est une situation qui n’est que bénéfique ! Car un film en salle, c’est la possibilité d’obtenir un prix international à haute valeur symbolique. Les rumeurs qui annoncent qu’Amazon pourrait racheter AMC, l’une des plus grandes chaînes de salles de cinémas des États-Unis, sont de plus en plus tangibles.
Une manière d’étendre encore un peu plus sa position tentaculaire, de la production de contenu à la distribution dans les salles obscures, ou sur le cyberespace du streaming.
L'appli TikTok, bannie du Montana
Une autre présence remarquée à Cannes, celle de TikTok qui se la joue « nouvel acteur culturel » en étant partenaire officielle du festival. Une hyper présence qui cache une future absence dans l’État du Montana aux États-Unis.
Le gouverneur républicain, Greg Gianforte, vient de promulguer une loi bannissant le réseau social chinois de ses terres pour : « Protéger du Parti communiste chinois les données personnelles et privées des utilisateurs du Montana. »
Évidemment, cette décision n’aurait pas été prise si TikTok venait à être racheté par une entreprise américaine. Le Parlement du Montana avait déjà adopté, à la mi-avril, un texte ordonnant aux magasins (d’Apple et Google) de ne plus distribuer l’application TikTok, à partir de janvier 2024.
Paradoxe de cette « histoire TikTok » : la Chine – pays d’appartenance de l’application – crie à la censure, et invoque le premier amendement de la constitution américaine pour juger cette loi liberticide, et contraire au bon respect de la liberté d’expression… Pour un pays classé à l’avant-dernière place du récent classement mondial de la liberté de la presse, de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), c’est cocasse…
"Chat Z", le nouveau partisan numérique d'Éric Zemmour
Ce journal se termine avec l’arrivée d’un nouveau chatbot, un agent conversationnel se nommant « ChatZ ». Il ne correspond pas à une future version de ChatGPT, ni même à un outil développé par un concurrent de la Tech, mais il est l’œuvre du parti politique d’extrême droite Reconquête ! Le Z n’étant pas celui de Zorro, mais bien celui d’Eric Zemmour.
Une manière de surfer sur l’engouement autour de l’IA, même si ce « Chat Z » est très loin d’être performant ! Il s’avère que le chatbot ne fait que reprendre les éléments de programme de l’ex-candidat à la présidentielle, en bottant en touche sur de nombreuses questions.
Cependant, le parti le présente comme un « militant virtuel », et conforte l’idée que l’extrême droite française est fascinée par l’IA. Peut-être parce qu’elle imagine un « grand remplacement »… Celui des humains, par les robots ? Pas de doutes, vous êtes bien dans le Meilleur des mondes !